Bonjour, j'ai failli tomber de ma chaise en lisant l'article de 24 Heures sur la suppression du train de nuit Suisse-Italie! Alors premièrement n'hésitez pas à signer la pétition :
"NON à la suppression du train de nuit "EuroNight" entre la Suisse et l'Italie"
Deuxièmement, mais dans quel monde vit-on? Combien de décisions incohérentes faudra-t-il encore faire subir à la Planète avant de prendre les questions de la pollution et du réchauffement climatique au sérieux et d'agir uniformément dans la bonne direction? Que lit-on dans l'article en question de
24Heures? Voilà deux phrases clés :
- "... il est déficitaire de 3 à 4 millions de francs par ans"
- "... partout en Europe la disparition des trains de nuit figure à l'agenda des compagnies ferroviaires"
Recadrons les choses :
- Nous sommes en pleine crise climatique et à l'échelle du continent les compagnies ferroviaires suppriment des liaisons très peu émettrices de CO2 pour capituler devant des moyens de transport hyper-polluants : l'aviation et la voiture individuelle. Et le cas qui nous intéresse particulièrement se passe en Suisse simultanément à la conférence sur le climat de Copenhague alors que nos dirigeants ont eu la bonne idée d'utiliser un train de nuit pour s'y rendre! Cherchez l'erreur!
- Les votations suisses du dimanche 29 novembre ont aboutis à rediriger de l'argent qui était visiblement en trop du côté de la route sur l'aviation qui grâce à cette idée de génie peut maintenant le ré-investir dans son propre business alors que ces sommes auraient pu être attribuées aux énergies renouvelables et aux moyens de transports peux polluants comme les trains.
- Seule la rentabilité à court terme est invoquée comme motif principal de suppression de ces lignes ferroviaires, alors qu'en parallèle on se fait des cheveux blancs pour le climat de 2100 et après!
D'après les points ci-dessus, nous sommes bien obligés de constater que cette situation est ridicule, et il est évident qu'avec des buts à très court et ultra-long terme (siècle et millions d'années) pour la protection de l'environnement, les lois du marché ne peuvent pas tout résoudre sous peine que la somme des égoïsmes individuels ne saccagent les réserves pétrolières jusqu'à la dernière goutte et ne transforment le climat en fournaise! L'ensemble de la collectivité devrait réaliser la nécessité de soutenir fortement les secteurs favorables à l'environnement tout en pénalisant les autres, et ne pas faire exactement le contraire comme cité ci-dessus! Totalement renversant! A noter que les bourses au carbone dans ce contexte apparaissent plutôt fumeuses, voilà quelques remarques à leurs propos :
- Comment va-t-on suivre à la trace des stock-option CO2 vendus et revendus et concernant des puits de carbones probablement très éloignés des acheteurs donc très difficiles à vérifier! Les Stock option CO2 vont-ils prendre part à une sorte de jeu de l'avion comme ce fut le cas pour les banques dans la crise 2008-2009 ? Aura-t-on droit à un Bernard Madoff du marché du CO2?
- Si un crash "boursier" mondial du CO2 apparait comme d'habitude à cause de la somme des égoïsmes individuels chère à Adam Smith (mort en 1790. il y a bientôt 220 ans! Une autre époque, aucune idée des questions climatiques!). Comment les gouvernements vont-ils résoudre le problème? En appelant une deuxième planète à la rescousse? En faisant de la géo-ingénierie pour pouvoir vivre à 15 milliards comme des sardines ?
- Comment va-t-on vérifier l'état des investissements dans les puits de CO2 : en y allant en avion ?
- Combien de CO2 va-t-il être émit pour gérer la logistique des transactions du CO2 ? Le même petit puit de 500kg de CO2 pourra-t-il s'acheter et se vendre pendant 50 ans sans grandir, générant ainsi une quantité non négligeable de CO2 par l'intermédiaire du papier, des déplacement, des achats, des réparations et de l'électricité nécessaire aux transactions?
De nombreuses questions et une évidence qui s'applique au puits de carbone comme à toute sortes de consommations :
la localisation des activités! Et c'est pour cela qu'il serait souhaitable que les suisses fassent sortir les CFF de leur logique de rentabilité pour que ce transport public soit de nouveau un service public faisant passer les intérêts de ses clients avant l'amplitude de son bénéfice ou la profondeur de ses pertes.